Triconville & Mouchette, des Lorrains en Bourbonnais


Aubergistes au relais de poste de La Palisse

Anne Lavoute et Gabriel Bourg sont aubergistes à La Palisse (Duché de Bourbon, Royaume de France). Le village de La Palisse est un relais de poste entre Moulins et Roanne sur la route de Paris à Lyon par le Bourbonnais (future Nationale 7), une alternative à la route de Bourgogne. Anne et Gabriel tiennent le logis du "Lyon d'Or", où l'on héberge et nourrit les voyageurs.

Le duché de Bourbon est une zone de transition entre les langues d'oïl (bourbonnais) et les langues d'oc (auvergnat) ; dans le sud-est, l'occitan reçoit même des influences de l'arpitan. La Palisse, de même que toutes les localités dont il sera question sur cette page, se trouve en zone d'oïl. 

À la mort de son mari, Anne épouse en secondes noces Antoine Penin, fils du maître boulanger du village de Lubier (en périphérie de La Palisse).


La Palisse est traversée d'ouest en est par la route de Paris à Lyon, et du sud au nord par la Besbre.

Marguerite Penin vit chez ses parents à Lubier, où sa mère meurt le 13 octobre 1754.
Le 13 février 1760, elle épouse Nicolas Triconville, originaire de Seigneulles (Duché de Bar). Triconville s'installe à Lapalisse comme maître aubergiste (il reprend sans doute le "Lyon d'Or" de sa belle-mère).
Dans les années 1760-1770, ils vont avoir de nombreux enfants, dont Marie en août 1766.


Flag of France
        (1790-1794).svgEn Sologne bourbonnaise : entre administration et agriculture

En septembre 1791, Louis XVI abolit l'absolutisme et prête serment à la Constitution du Royaume de France.
Le 14 octobre, l'Assemblée nationale législative institue un Comité d'instruction publique : sa mission est de prendre en charge l'éducation, qui était jusque-là la prérogative du clergé.



Flag of France.svgEn septembre 1792, une nouvelle constitution jette les bases de la République. Le Comité d'instruction publique est reconduit. Le roi est guillottiné en janvier 1793.
Le 17 décembre 1793 (27 frimaire de l'an II), Marie Triconville se marie à Moulins avec Claude Mouchette, originaire de Lorraine et arrivé à Saint-Martin-des-Lais en ces années de changement. Ilssu d'une famille lettrée, Mouchette vient travailler dans l'administration et l'instruction publique. En 1792-1795, dans le cadre de la laïcisation du pays, la commune de Saint-Martin.des-Lais est renommée "Les Lais-sur-Loire".
Marie quitte la grand-route et s'installe chez son mari à la campagne.


À proximité de l'Auvergne, l'orthographe du patronyme exotique "Mouchette" va devenir "Mouchet".
Marguerite Mouchet naît le 17 décembre 1794 (27 frimaire an III).

Le Directoire (constitution de 1795) réattribue l'éducation au Ministère de l'Intérieur.

En 1800, sous le Consulat de Bonaparte, Claude est instituteur public de la commune de Gannay-sur-Loire.
C'est là que Marie donne naissance à Claudine Aimée, le 5 juillet 1800 (16 messidor an VIII), et à Jean-Baptiste, le 27 juin 1802 (8 messidor an X).

À Saint-Martin-des-Lais, Claude et Marie vivent avec leurs enfants et sont fermiers propriétaires.
Claude est toujours maire de la commune (depuis 1793-1794, et jusqu'au 31 décembre 1834) ; à ce titre, il a la charge des actes d'état civil (notamment ceux de sa famille).

Le 28 février 1816, la fille aînée, Marguerite Mouchet, se marie à Paray-le-Frésil : elle épouse le maire du village, Antoine Aurousset, capitaine en retraite du 65e régiment de ligne (membre de la légion d'honneur).

En 1822, Claudine Aimée épouse Gilbert Gilbert, fils de paysans de Limagne bourbonnaise. Ils s'établissent à Moulins, où Gilbert est chapelier.

Le mari de Marguerite meurt en son village de Paray le 10 février 1823.
Elle va se remarier le 1er octobre 1828, avec Joseph Alexandre Bédel : né à Épinal (Vosges) le 31 juillet 1798, ce Lorrain est professeur de 3e au collège royal de Moulins. Il deviendra bientôt recteur de l'Académie de Clermont-Ferrand (chevalier de la légion d'honneur).

Jean-Baptiste Mouchet, propriétaire de la ferme familiale, se marie à son tour en 1831.