Nicæa civitas 



Cette page suit une ligne de filiation dans la paroisse de la cathédrale Sainte-Réparate, à Nice intra-muros, du XVIe siècle à nos jours. Les personnages sont principalement cultivateurs, artisans ou commercants.

         
La ville de Nice au XVIe siècle, dans la cosmographie de Sebastian Münster.


Charles II de Savoie par Jean Clouet.règne de Charles II (1504-1553)

Louisoun Berra est né à Nice vers 1519. Cette année-là, Charles V est élu à la tête du Saint-Empire.

En 1504, Charles II [portrait ci-contre] a succédé à son frère Philibert II à la tête du duché de Savoie.

    
Tombeau du duc Philibert II au monastère de Brou (Bourg-en-Bresse).

À cette époque, la cathédrale de Nice se trouve encore dans l'enceinte du château, sur le rocher. Elle va bientôt être transférée vers la ville basse, dans l'ancien prieuré Sainte-Réparate (fondé au XIe siècle autour de reliques de la martyre de Césarée morte au IIIe siècle, puis rattaché à l'abbaye de Saint-Pons et devenu église paroissiale en 1246).

En 1531, l'abbaye de Saint-Pons accepte de céder l'église Sainte-Réparate au chapitre cathédral en échange de l'église paroissiale Saint-Jacques-le-Majeur (future église de l'Annonciation, chapelle Sainte-Rita). Cette cession est validée par le duc de Savoie en 1533.

Congrès de Nice (1538)

En 1536, le duc Charles II se trouve pris dans un conflit géopolitique et familial entre le roi de France François Ier [ci-contre, à droite] et l'empereur Charles V de Habsbourg [à gauche]. Son duché étant dans la sphère d'influence du Saint-Empire, les troupes françaises envahissent la Savoie et une partie du Piémont. Le duc s'échappe avec sa famille et ses biens les plus précieux, notamment le Saint-Suaire (acquis par la famille de Savoie en 1452, lorsque son héritière Marguerite de Charny en fit don à la duchesse Anne, épouse de Louis Ier ; en 1502, Philibert II le Beau le fit transférer au palais ducal de Chambéry, dans la Sainte-Chapelle).
Charles II et sa famille se réfugient d'abord à Verceil, puis à Nice en 1537.
Le 30 mars 1537, Vendredi Saint, le linceul est présenté au peuple du haut de la tour St-Elme (à peu près à l'emplacement de l'actuelle tour Bellanda).

  
La Chapelle du Saint-Suaire.
Fondée en 1620, la Confrérie du Saint-Suaire commémore le passage du linceul dans la ville.


Le pape Paul III [ci-dessus, au milieu] tente d'aider les deux parties à trouver une issue au conflit. À cet effet, il organise un congrès, au printemps 1538, pour réunir les intéressés à Nice. Mais les Nicois refusent d'ouvrir les portes de la ville à des soldats étrangers. Finalement, le pape loge au couvent Sainte-Croix (où une Croix de Marbre sera érigée en 1568 pour commémorer ce Congrès de Nice) ; Charles V reste sur sa galère à Villefranche ; et François Ier réside au château de Villeneuve-Loubet. Le congrès débouche sur une trêve, mais la paix ne durera guère.

Jouaneta Bonet naît à Nice vers 1540.

Siège de Nice (1543) 

Dès 1543, François Ier, dans le cadre de son alliance avec le sultan turc Soliman le Magnifique, tente une nouvelle fois de prendre la citadelle de Nice. De juin à septembre, la ville est assiégée par l'armée franco-turque. En août, pendant vingt jours, 20.000 soldats dirigés par le comte d’Enghien mettent le siège devant la ville puis le château, tandis que 120 galères ottomanes commandées par Barberousse attaquent par la mer, accompagnées de 66 navires français. La ville basse est prise, mais le château résiste jusqu'à la libération par les troupes impériales.

     
François Ier et Soliman le Magnifique par le Titien


  
Le Siège de Nice en 1543 (vu par les Turcs).
Boulet commémorant le siège de 1543 (rue Droite). Monument à Catherine Ségurane, héroïne du siège de Nice (projet non réalisé et bas-relief actuel).

Augusto Periera et Cattarina Gillo naissent à Nice dans les années 1545-1547.

règne d'Emmanuel-Philibert (1553-1580)

Le siège de 1543 a démontré la vulnérabilité de Nice, dont tout le pays dépend pour le commerce maritime, en particulier celui du sel. Le duc Emmanuel-Philibert [ci-contre : statue équestre à Turin] entreprend donc de défendre les ports de Nice et Villefranche, notamment en construisant le fort de Montalban sur le mont Boron (entre 1557 et 1560). Il déplace le centre du pays de l'autre côté des Alpes, dans une position plus centrale et plus facile à défendre : en 1563, Turin devient la capitale des États de Savoie (et le restera jusqu'à 1865). En outre, en 1578, il installe définitivement le Saint-Suaire dans cette nouvelle capitale (le linceul était sans doute resté à Nice jusqu’en 1540, voire 1543 ; puis Charles III l'avait rapporté à Verceil, et enfin à Chambéry après 1559). Cet épisode du Saint-Suaire est loin d'être anodin. De même que le Saint-Empire germanique pouvait se vanter d'être en possession des reliques des Rois Mages (acquises par Frédéric Barberousse et conservées en la cathédrale de Cologne, construite spécialement pour les recevoir), la Maison de Savoie va se servir du Saint-Suaire pour démontrer à l'Europe sa légitimité en tant que dynastie élue en quelque sorte par le Christ en personne, puisqu'il leur a confié sa divine "relique". L'important, bien sûr, n'est pas l'authenticité de l'objet, c'est le symbole. Désormais, l’image des Savoie est inséparable du symbole du Saint-Suaire, et ce jusqu'aux années 1980.

L'échange de Sainte-Réparate et de Saint-Jacques entre le chapitre cathédral et les moines de Saint-Pons est enregistré devant notaire le 4 novembre 1561. Ces derniers précisent qu'ils ne peuvent être tenus à payer aucune dépense.

Jouan Basso et Antonia (née Macaria) ont un fils : Pauloun Basso, né à Nice le 24 décembre 1564.

Louison Berra et Jouaneta ont une fille : Honorada Berra, née à Nice le 5 octobre 1568 (?). Sainte-Réparate est alors l'une des deux églises paroissiales de la ville basse (avec Saint-Martin-Saint-Augustin).
Augusto Periera et Cattarina Gillo se marient, ils ont une fille vers 1572 : Magdalena.

Sous Emmanuel-Philibert, le pays se dote d'une flotte militaire et devient une puissance navale en méditerranée. La première grande démonstration en est donnée à la bataille de Lépante (1571), où le Duché de Savoie, membre de la Sainte-Ligue (avec l'Espagne, Venise, les États pontificaux, la république de Gênes et l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem), envoie trois galères de Nice pour participer au combat contre l'empire Ottoman dans la mer Ionienne.

       

Le duché de Savoie dans le Saint Empire romain germanique, vers 1580.

règne de Charles-Emmanuel (1580-1630)

L'administration abandonne le château pour la ville basse. Le 25 juin 1584, le nouveau Palais Communal y est inauguré :
  http://www.musees-mediterranee.org/photo_collection/coll-608-photo_1.jpg
À droite, la place de l'Hôtel de Ville par Clément Roassal.

Pauloun Basso et Honorada Berra se marient le 25 octobre 1586. Les témoins sont Pietro Scauffier et Anfosso Seguran.

Vers 1588 : Naissance de Brigida Eresea, fille de Ludovico Ereseo.

En 1590, cérémonie officielle d'inauguration de la nouvelle cathédrale, en l'église Sainte-Réparate, en présence de l’évêque Pallavicini et du duc de Savoie.

Le 20 octobre 1591, mariage de Madalena Periera et Cypriano Cuggia.
Vers 1592 : naissance de
Alessandro Bottau, fils de Bartolomeo Bottau.
21 janvier 1603 : naissance de Claudina Cuggia, fille de Cypriano et de Madalena 
13 juin 1603 : naissance d'Antonio Basso, fils de Pauloun et d'Honorada
Le 9 février 1609, Louisoun Berra est enterré à Cimiez.


Les ruines romaines de Cimiez par Clément Roassal (début du XIXe siècle).

Avec la conquête du col de Tende (1581), sous le règne de Charles-Emmanuel, les États de Savoie deviennent une continuité territoriale des deux versants des Alpes à la mer. En 1610, le duc lance la construction d'une route entre Turin et Nice.


 
Le fort de Montalban, sur le mont Boron, destiné à défendre les villes et ports de Nice et de Villefranche, à l'entrée de la route de Turin.
        
Villefranche et Nice vues du mont Boron.

Nice et la vallée du Paillon en direction de Turin.

File:Vittorio Amedeo I.JPGrègne de Victor-Amédée Ier (1587-1637)


Alessandro Bottau et Brigida Eresea se marient le 27 mai 1613.

8 mars 1614 : création du Sénat de Nice.



Antonio Basso et Claudina Cuggia se marient le 22 novembre 1627.

25 mars 1628 : naissance de Vincenzo Bottau, fils d'Alessandro et de Brigida.
22 novembre 1628 (?) : naissance de Jouaneta Bassa, fille d'Antonio et de Claudina.


règne de Charles-Emmanuel II (1638-1675)

File:Carlo emanuele2.jpg


L'évêque Didier Palletis souhaite agrandir la cathédrale. La construction du nouvel édifice commence par le choeur en janvier 1650.

Vincenzo Bottau et Jouaneta Basso se marient le 19 octobre 1651.

Fin 1651, le chantier de la cathédrale en est au transept et à la coupole. Le campanile est démoli.

En 1652, rénovation de la route royale Nice-Turin.


En 1655, le Sénat est établi dans un bâtiment de trois étages de la ville basse :

 
Le Palais du Sénat et la nouvelle loge communale.


Le Palais Lascaris.

Le 18 septembre 1658, la voûte de la nef de la cathédrale en chantier s'effondre sur l'évêque Palletis, qui meurt de ses blessures. Les travaux sont suspendus.

6 avril 1662 : naissance d'Onorato Bottau, fils de Vincenzo et de Jouaneta.

Reprise des travaux de la cathédrale en 1673, avec l'évêque Henri Provana de Leyni.

        
La ville de Nice et son château avant 1706 (gravure d'époque et représentation imaginaire).

       

règne de Victor-Amédée II (1675-1730)

Le gros œuvre de la cathédrale se termine entre 1680 et 1682.

8 février 1684 : Onorato Bottau épouse Margarita Ellena, fille de Jouan Elleno.

À partir de la fin du XVIIe siècle, le duc Victor-Amédée II est confronté à une série d'invasions françaises lancées par Louis XIV.

Guerre de la Grande Alliance (1691-1696)Portrait de
        Louis XIV en costume de sacre par Hyacinthe Rigaud en 1701.

À la fin du XVIIe siècle, l'éternel conflit entre France et Piémont prend de nouveau une tournure dramatique sous le règne de Victor-Amédée II [ci-contre, à gauche], duc de Savoie et prince de Piémont (vassal du Saint-Empire, donc des Habsbourg), et du roi de France Louis XIV [à droite], de la Maison de Bourbon.

En réaction à la politique expansionniste des Français, une alliance se forme à Augsbourg le 9 juillet 1686, qui finira par réunir à peu près tous les États européens.
En 1690, Louis XIV lance un ultimatum à Victor-Amédée II : il lui demande une assistance militaire, sous la menace de marcher sur le Piémont et d'occuper Turin. Le duc de Savoie refuse et se joint à la Grande Alliance le 28 octobre 1690. Au début de l'année suivante, le roi de France met donc sa menace à exécution et envoie son armée en direction de Turin (par la route royale du col de Tende dont il a été question ci-dessus). Les troupes françaises venues de Provence franchissent le Var. Le premier obstacle rencontré est la place forte de Nice, qui, si elle n'a pas vocation à repousser un adversaire de cette taille, est tout de même censée tenir un siège en attendant du renfort.

Nice tient tente de tenir le siège quelque temps. Mais les renforts espérés n'arrivent pas.
Le Duché de Savoie capitule en 1693 ; plusieurs villes piémontaises sont occupées ou détruites.

C'est vraisemblablement pendant cette occupation, vers 1693, qu'Onorato Bottau et Margarita ont une fille : Anna Maria Bottau.

En 1696, signature d'un traité de paix avec la France à Turin.

Après cinquante ans de travaux, la nouvelle cathédrale Sainte-Réparate est consacrée (sans campanile) le 30 mai 1699 par l'évêque Henri Provana de Leyni.


Les États de Savoie en 1701.

Guerre de Succession d'Espagne (1705-1713)

Nice et son Comté sont ébranlés par une nouvelle invasion. Cette fois, le conflit s'inscrit dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne, déclenchée par la mort sans héritier du dernier Habsbourg de Madrid, Charles II. 

Annexion du Comté et siège de la ville

Dès septembre 1704, les troupes françaises dirigées par le duc de La Feuillade se massent sur la rive occidentale du Var, annonçant la préparation d’une invasion.
En mars 1705, Louis XIV ordonne l'invasion, qui aboutit à la prise du Comté le 14 avril 1705.
L'armée française continue sa route vers le Piémont et assiège la capitale.
Le Comté est annexé à la France, mais la ville fortifiée reste fidèle à Turin.

Siège du Château

Le 14 novembre 1705, M. de Berwick est envoyé par Louis XIV pour prendre la ville de Nice.
La ville basse se rend immédiatement. Le château résiste.

La vie s'arrête. Entre le 28 novembre 1705 et le 6 janvier 1706, aucun mariage n'est célébré dans les trois paroisses de la ville basse.

Le siège dure 51 jours, et la ville se rend le 4 janvier 1706. Le roi de France annexe le Comté et se proclame à nouveau "comte de Nice".

Démolition des fortifications

Louis XIV en a marre de devoir gaspiller ses boulets sur Nice chaque fois qu'il veut entrer en Piémont : il donne donc l'ordre de démolir définitivement les fortifications.
Du 13 février au 25 juillet 1706, les Français achèvent de raser le Château et les fortifications de la ville basse (seuls le fort de Montalban et la citadelle de Villefranche sont conservés).
Nice perd définitivement toute fonction militaire.

Nice vue de la route de Villefranche
Nice après la démolition des fortifications. La colline du Château est nue et la ville basse est ouverte.
(Nice vue de la route de Villefranche, aquarelle de Camille Costa, XIXe siècle, Acadèmia Nissarda)

Cette transformation aura bien sûr un effet décisif sur l'urbanisme niçois.

En juillet-août 1707, Victor-Amédée II lance une contre-offensive et envahit la Provence. L'armée alliée rentre bientôt sans demander son reste, et les Français reviennent.

Le 21 juillet 1709, Anna Maria Bottau épouse Jouan Dentau, originaire de Gorbio.

Le 2 juillet 1710, naissance de leur fils Vincenzo Dentau.

Libération

L'occupation prend fin en 1713 avec la signature du traité d'Utrecht, qui rend le Comté de Nice à la Maison de Savoie (sauf la viguerie de Barcelonnette, cédée à la France), qui gagne par la même occasion le royaume de Sicile.

    
L'Europe en 1713. - Victor-Amédée II, roi de Sicile (monastère de Saorge).


En 1720, dans le cadre du traité de La Haye, Victor-Amédée II s'arrange avec l'empereur Charles VI de Habsbourg, dont il reçoit la Sardaigne en échange de la Sicile. Dès lors, le Comté de Nice fait donc partie du "Royaume de Sardaigne". 

Royaume de Sardaigne

Victor-Amédée II s'affranchit du Saint-Empire et instaure dans ses États une monarchie absolue inspirée de celle du "Roi-Soleil".
 

File:Carlo Emanuele III Venaria.jpgrègne de Charles-Emmanuel III (1730-1773)

En 1730, Charles-Emmanuel III de Savoie succède à son père sur le trône de Sardaigne.

En 1731, l'évêque Recrosio lance un chantier de reconstruction du campanile de la cathédrale. 

Dans la série des guerres européennes du XVIIIe siècle... on pourrait mentionner aussi celle de Succession de Pologne (1733-1738), consécutive au décès d'Auguste II le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne. Elle oppose les partisans d'Auguste III (Saxe, Autriche et Russie) aux Bourbon de France et d'Espagne, qui soutiennent Stanisław Leszczyński. Cette fois, le duc de Savoie et roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III prend prudemment le parti des Français. Mais ce conflit n'a pas d'impact majeur sur Nice.


Le 8 février 1733, Vincenzo Dentau épouse Maria Camilla Simona, niçoise, fille de Guglielmo Simon.

Vincenzo Dentau et Camilla ont un fils : Paolo Antonio Dentau, né le 25 janvier 1742.

Guerre de Succession d'Autriche (1742-1748)

Par la "Pragmatique Sanction", l'empereur Charles VI du Saint-Empire léguait à sa fille Marie-Thérèse d'Autriche les États héréditaires de la Maison de Habsbourg. Mais sa mort, qui survient le 20 octobre 1740, déclenche un nouveau grand conflit européen, opposant principalement les Autrichiens (alliés notamment à la Saxe, aux États-Sardes et à Russie) à la Prusse et à ses alliés (notamment les Bourbon de France et d'Espagne). En 1744, le Comté de Nice voit donc arriver une armée franco-espagnole (ou "gallispane") dans l'intention d'emprunter la route royale Nice-Turin (vallées du Paillon et de la haute Roya en direction du col de Tende). 

Le 2 avril 1744, une armée franco-espagnole traverse le Var et marche sur Nice, qui capitule rapidement. 

    
Sur la façade du "Fort Thaon", une plaque rappelle un épisode de la brève résistance opposée aux envahisseurs le 20 avril 1744.

L'alliance austro-sarde lance une contre-offensive en octobre-novembre 1746 : les Français sont chassés du Comté, et l'armée alliée traverse le Var à son tour pour occuper la Provence pendant quelques mois. Puis les troupes franco-espagnoles réoccupent le Comté (sauf Saorge) jusqu'à 1748.

En 1748 : traité d'Aix-la-Chapelle

     

En 1757, le campanile de la cathédrale est achevé.

Le 19 novembre 1763, Paolo Antonio Dentau épouse Marie Augustine Rostan (niçoise).

File:Victor Amadeus III by Clementi 03.jpgrègne de Victor-Amédée III (1773-1796)

Les Dentau ont une fille : Maria Francesca Dentau, née le 22 juin 1778.
Cultivateurs, ils résident au col de Villefranche.

  http://www.musees-mediterranee.org/photo_collection/coll-609-photo_1.jpg
Forme de la ville à la fin du XVIIIe siècle. En noir, la ville médiévale ; en rouge, l'extension du XIVe siècle.
En bleu, les développements récents, notamment vers le port et vers la rive gauche (faubourg Saint-Jean-Baptiste).
Il n'y a qu'un pont, le pont Saint-Antoine, qui relie la porte du même nom au couvent des Jésuites (emplacement de l'actuel lycée Masséna).
À droite :
le pont Saint-Antoine par Clément Roassal.

occupation française (1792-1814)

Guerres de la révolution française et de Napoléon (1792-1815)

Le 28 septembre 1792, l'armée française qui menaçait depuis quelque temps à Saint-Laurent-du-Var franchit la frontière et emprunte la route de France en direction de Nice. Épouvantée, la population a quitté la ville avec l'armée, en direction de l'Escarène, pour chercher refuge dans les montagnes et en Piémont. Le général d'Anselme [ci-contre], s'attendant à des combats, avance prudemment. Les Français avancent sans difficulté, jusqu'au pont du Magnan, où il va y avoir des affrontements, quelques volontaires s'étant réunis pour tenter de s'opposer à l'invasion.

 
La gravure ci-dessus représente les événements du 29 septembre 1792. L'armée française a franchi le Var et elle se trouve au niveau de Sainte-Hélène [A] ;
des volontaires français viennent les affronter sur le Magnan [B] ; l'armée sarde et 4000 émigrés s'enfuient vers Saorge et le Piémont [K].
La ville de Nice [D], le fort de Montalban [G] et la citadelle de Villefranche [H] vont être pris sans résistance.


Le lieutenant-colonel André Masséna [ci-contre] participe activement à l'invasion du Comté. Il met tout son zèle dans la répression des résistants, avec beaucoup de succès puisqu'il connaît bien son pays natal.
[Depuis 1869, un monument érigé sur la couverture du Paillon commémore ses exploits, et son nom a remplacé celui de Charles-Albert, le roi qui a aboli la monarchie absolue, sur la grande place du centre-ville.]

En 1793, la France revendique l'annexion du Comté de Nice.


Le 2 mars 1796, Napoléon Bonaparte est nommé général en chef de l’armée d’Italie. Le 27 mars, il arrive à Nice pour prendre le commandement de l'Armée d'Italie.
Masséna est chargé du commandement de l'avant-garde.
L'expédition sera rapide : l'armée suit le littoral jusqu'à Savone, puis franchit les Apennins par le col de Cadibone, et le Royaume de Sardaigne capitule dès le 28 avril à Cherasco.
Par le traité de paix signé à Paris au mois de mai, Turin renonce officiellement au Comté de Nice et à toute force militaire en Piémont.


  
Ci-dessus, à gauche : Bonaparte préparant à Nice la Campagne d’Italie. À droite : le 2 avril, l'armée révolutionnaire quitte Nice pour Villefranche.

Le 19 avril 1803 ("29 germinal an 11"), Maria Francesca Dentau épouse Onorato Puons, né le 14 jnvier 1784 (fils de Luigi Puons et de Maria Audiberti, familles niçoises).

Maria Francesca et Onorato Puons ont un fils : Luigi Puons, né en 1804.


Les États-Sardes continentaux et le pays génois convertis en départements français entre 1805 et 1814.

Le pays est libéré en 1814.

règne de Victor-Emmanuel Ier (1814-1821)

Dès la victoire des alliés à Paris en 1814, le roi Victor-Emmanuel est invité à revenir à Turin.



Le traité de Paris (mai 1814) rétablit la frontière avec la France, et promet secrètement l'ancienne République de Gênes à la Maison de Savoie, ce qui est officialisé l'année suivante par le congrès de Vienne.
 
Les États-Sardes en 1815.

1820 : construction de la route de bord de mer, future "promenade des Anglais".

règne de Charles-Félix (1821-1831)

Après avoir été vice-roi de Sardaigne de 1799 à 1816, Charles-Félix succède à son frère sur le trône du royaume de 1821 à 1831. Après le retour à l'ancien régime, que le nouveau roi confirme par la sévère répression d'une tentative d'insurrection en 1821, l'heure est à la reconstruction. Charles-Félix lance de grands chantiers de génie civil et d'urbanisme, et encourage la création artistique.

Lors du recensement de 1822, les Puons habitent à Riquier et sont cultivateurs.

  
Costumes de travail et de fête.


La ville en développement vue du mont Gros (années 1820-1830) : le port Lympia entre le mont Boron et la colline du Château ; à l'ouest, la vieille ville qui s'étend dans les faubourgs.

En juillet 1820 a commencé la construction d'un second pont sur le Paillon, plus près de l'embouchure, dans le but de faciliter la communication entre la ville et les faubourgs en plein essor. Les travaux sont achevés en 1824. En l'honneur de Carlo Felice, l'ouvrage est alors baptisé officiellement "pont Royal Saint-Charles", mais on l'appellera couramment "pont Neuf". Dès lors, le pont Saint-Antoine sera qualifié de "pont Vieux". En novembre 1826, le roi se rend à Nice avec la reine Marie-Christine. Ils résident au Palais Royal (photo à droite). Cette visite royale va laisser de nombreuses traces. Les constructions des Ponchettes sont percées d'un nouveau passage : la porte Carlo-Felice. Celle-ci relie directement la place Carlo-Felice (à l'est du cours Saleya) au bord de mer.

         
Ci-dessus : deux illustrations de la visite du couple royal par Hippolyte Caïs de Pierlas.
À gauche, le 8 novembre, "un marin traîne la voiture de Leurs Majestés" à travers la nouvelle Porte Carlo-Felice (on reconnaît la tête de Charles-Félix par la portière) ; à droite, "corps de ville et cortège" entre le Pont Royal Saint-Charles et le palais royal.


En 1827, la corporation des serruriers de la ville fait ériger sur la place Carlo-Felice un monument pour commémorer la visite du roi. Il s'agit d'une petite colonne en alliage de fer et de pierre blanche, avec un aigle à sa base et un monogramme royal à son sommet (le monument sera supprimé en 1861). [Ci-dessous : porte et place Carlo Felice ; avec le monument des Serruriers sur une peinture d'époque.]

  
                                                                                         [photos SC juillet 2012, février 2013]

La même année, les Juifs de Nice font ériger un monument d'inspiration égyptienne, en forme d'obélisque, à l'entrée du pont Neuf, sur la rive gauche, pour rendre hommage au roi Carlo Felice et rappeler les engagements pris par la Maison de Savoie pour protéger leur communauté (ce monument disparaîtra aussi juste après l'annexion, en 1861).
En 1829, la statue de Charles-Félix est érigée au port (photo ci-contre). Son doigt tendu vers le bassin Lympia rappelle qu'il a rétabli le statut de port franc, dont Nice bénéficiait depuis 1612 (sous Charles-Emmanuel Ier) et qui avait été aboli pendant l'occupation française.


Les sphinx et le socle du monument érigé par les Juifs de Nice en l'honneur de Carlo Felice en 1827.


Entre 1825 et 1830, ajout de la façade de Sainte-Réparate. Par ailleurs, dans le cadre du Consiglio d'ornato, les maisons situées devant la cathédrale sont démolies progressivement au cours du XIXe siècle et une place est aménagée.

Le 4 mai 1829, Luigi Puons épouse Anna Maria Gimello, née le 24 septembre 1806 (originaire de vieilles familles niçoise : fille de Francesco Gimello-Fighiera et de Teresa Ciaudo-Bottau). Elle est marchande de fruit.

 
Urbanisation du "Faubourg" : Nice se développe sur la rive droite du Paillon. Ci-dessus, une gouache de Clément Roassal qui date de 1830 (Musée Masséna) :
à droite, la Vieille Ville (avec le monument des Juifs sur la place Charles-Albert) ; à gauche, le Faubourg (quai St-Jean-Baptiste).

À droite : le marché sur la place Saint-François.

http://www.musees-mediterranee.org/photo_collection/coll-605-photo_1.jpg  
Porte Victor et place Victor (aujourd'hui Garibaldi), à l'entrée de la ville du côté de Turin [par Clément Roassal].

règne de Charles-Albert (1831-1849)

Au début de son règne, Charles-Albert poursuit la ligne autoritaire de son prédécesseur. En 1833-1834, il réprime sévèrement les mouvements libéraux, condamnant de nombreux révolutionnaires à la mort ou à l'exil (notamment le Niçois Garibaldi).

Luigi Puons et Anna Maria ont une fille : Constance Pons, née en 1836.


Plan de la ville pour les touristes français en 1847 :
     
À droite : la cathédrale Sainte-Réparate vue de la rue du Mascoïnat, par Jacques Guiaud.

Le Printemps des Peuples : abolition de la monarchie absolue

En 1847, face aux mouvements révolutionnaires qui secouent l'Europe et qui atteignent aussi certaines provinces du royaume, le roi se décide à faire des réformes libérales. Ce premier pas est célébré à Nice par un grand banquet sur la Terrasse, le 11 novembre.
Le 8 février 1848, le roi abolit la monarchie absolue et promulgue une constitution. Les États-Sardes deviennent une monarchie parlementaire et adoptent la bannière tricolore des révolutionnaires italiens.

L'emblème des Etats de Savoie à
                partir de 1848        
Ci-dessus, Carlo Alberto signe le Statuto, à Turin, le 4 mars 1848. À droite, les Niçois célèbrent la promulgation du Statuto devant le Palais Communal.

  
À Turin, Piazza Savoia, un obélisque commémore la loi fondamentale de 1848. À droite : Nice figure au nombre des provinces du royaume représentées en bas-relief au Palais Royal de Turin. [photos SC février 2013]

Les premières élections législatives sont organisées le 27 avril 1848 : désormais, des députés vont représenter la province de Nice à Turin.

En 1848, Charles-Albert profite des révolutions pour déclarer la guerre à l'Autriche et tenter d'annexer la Lombardie. Il amnistie Garibaldi et l'invite à commander l'armée sarde aux côtés des révolutionnaires milanais (première guerre de l'unité italienne).


Garibaldi quitte l'Amérique et rentre à Nice à bord de la "Speranza".

Le 23 mars 1849, l'armée sarde essuyant un échec à Novare face aux Autrichiens, Charles-Albert abdique et transmet la couronne à son fils Victor-Emmanuel.

File:Vittorio Emanuele II ritratto.jpgrègne de Victor-Emmanuel II (1849-1860)

En 1849, Victor-Emmanuel II devient le 8e roi de Sardaigne. Il regrette amèrement les réformes démocratiques mises en œuvre par Charles-Albert, mais il ne va pas jusqu'à abolir le Statuto.

Cavour en 1861Député dès 1848, Camillo Benso, comte de Cavour [portrait à droite], devient ministre, puis chef du gouvernement des États de Savoie en 1852 (et le restera jusqu'à sa mort en 1861).

Carte d'état-major des États-Sardes (années 1850) :


http://www.info-histoire.com/images/2011/07/nice-plage-promenade-anglais-1855.jpg
La Promenade des Anglais et le quai du Midi en 1855.

En mars 1855, Cavour entraîne le Royaume de Sardaigne dans la guerre de Crimée, contre les Russes, en s'alliant aux Anglais et aux Français. Un régiment part de Gênes le 25 avril, commandé par Alfonso La Marmora, à destination de Balaclava.

En 1857, Turin commence à envisager la construction d'une voie ferrée sur le littoral, qui traversera tout le pays, depuis le Var (frontière avec la France) jusqu'à la Magra (frontière avec le duché de Modène).


En juillet 1858, à Plombières, l'empereur des Français Napoléon III a rencontré Cavour pour officialiser le troc de Nice et de la Savoie contre un soutien militaire français dans le projet d'unification italienne caressé par le roi Vittorio Emanuele II.

L'accord est ratifié à Turin en janvier 1859. En avril, le royaume de Sardaigne entre en guerre contre l'Autriche. Le 13 mai, les troupes impériales françaises entrent dans Nice.

Hercule Trachel, "L'arrivée du 2e Régiment de Cuirassiers français à Nice en 1859" [Acadèmia Nissarda]. La scène se passe au pied du Monument des Juifs. 
 
Ci-dessus : les États-Sardes à l'issue de la Deuxième Guerre d'Indépendance italienne (fin 1859)

Le 24 mars 1860, le Traité de Turin entérine le changement de souveraineté.

Or Louis-Napoléon Bonaparte tient à faire valider l'opération par un plébiscite, pour lui donner un semblant de légitimité. Le roi est bien embarrassé : en effet, aux élections législatives de mars 1860, les Niçois viennent d'élire deux députés hostiles à l'annexion (dont Garibaldi). 

Le 1er avril, les deux premiers bataillons de l'armée française arrivent à Nice et de grandes fêtes sont organisées pour célébrer le changement de souveraineté. Vittorio Emanuele demande alors solennellement à ses sujets de Nice et de Savoie de bien vouloir, s'ils lui sont fidèles, lui faire la grâce de voter pour la France.

Les 15 et 16 avril, on procède au plébiscite (sous contrôle de l'armée française, donc, et avec un bulletin unique, en langue étrangère : "OUI"), qui valide l’annexion du Comté de Nice à la France.

l’Empire français (1860-1870)

Le 14 juin 1860, la cession est définitive. L'ancien Comté de Nice fusionne avec l'arrondissement de Grasse pour former le nouveau département des Alpes-Maritimes (notion héritée de l'Empire romain, qui était déjà chère à Napoléon Ier) :


Sur cette carte de 1861, on distingue l'arrondissement de Grasse, région maritime de basse altitude autour du bassin du Loup, en Provence ; et l'ancien Comté de Nice, région montagneuse de l'autre côté du Var et de l'Estéron.
 
En septembre, Constance Pons épouse (à Saint-Roch, par dérogation, au lieu de Sainte-Réparate) Marius Victor Carles (familles provençales de La Colle). L'époux a émigré à Nice en 1855. Si en Provence il s'appelait plutôt "Marius", son second prénom sera beaucoup plus pratique à Nice : Victor, Vittorio. Tous deux sont veufs d'un premier mariage (elle à Nice, lui à La Colle).



Le couple réside derrière la cathédrale, au 5 rue Saint-Vincent (apparemment, ils sont propriétaires). Ils tiennent une épicerie dans la vieille ville. Contrairement à son père, Victor sait écrire.

Enfant : Louis Carles né le 9 septembre 1861.

Sous le régime impérial francais, le Palais royal devient le siège de la Préfecture des Alpes-Maritimes. La place quadrangulaire devient "place Masséna", symbole fort de colonisation, en l'honneur de l'invasion française de 1792. Deux monuments dédiés à la gloire du roi Carlo Felice sont éliminés dès 1861 : celui des Juifs (pont Neuf) et celui des Serruriers (place Charles-Félix). En 1869, inauguration de la statue de Masséna, dans un square qui vient d'être construit sur le Paillon à mi-chemin entre les deux ponts (ci-contre - photo SC octobre 2012).


Aux élections municipales de juillet 1870, on constate une recrudescence de la rhétorique séparatiste. L'entrée en guerre contre la Prusse accroît l'hostilité à l'égard de la France.
Dix ans après l'annexion, l'empire s'effondre. Le 4 septembre, proclamation de la République.

  
Marius Victor Carles vers 1870. À droite, le quartier de Saint-Roch.

la République (1870-1940)

Suite à la proclamation de la république, quelques troubles sans gravité ont lieu le 5 septembre. Le nouveau préfet, Pierre Baragnon, arrive à Nice le 8. Afin de couper court aux tensions, il annonce d'abord des élections municipales pour le 25 septembre. Mais devant l'instabilité de la situation, il annule les élections, rétablit l'état de siège, suspend le conseil municipal et désarme la garde nationale.

Le 22 octobre, un nouveau préfet arrive à Nice : Marc Dufraisse. Quelques manifestations se produisent, la population souhaitant que le nouveau préfet rétablisse le conseil municipal et réarme la garde nationale. Mais Dufraisse, comme son prédécesseur, fait expulser les opposants.

File:Giuseppe Garibaldi (1866).jpgLe 28 janvier 1871, Thiers signe un armistice avec la Prusse. Des élections législatives sont organisées dans la hâte le 8 février 1871. À Nice, les 4 candidats élus sont trois séparatistes (Garibaldi en tête), totalisant 74 % des suffrages, suivis de Dufraisse, sensiblement derrière. Le soir même, une première manifestation acclame ces résultats.
Le lendemain, 9 février, Dufraisse interdit le journal d'opposition (Il Diritto di Nizza), qu'il accuse d'ourdir un complot contre la République. Il perquisitionne les locaux du journal, ce qui déclenche des émeutes. Le préfet envoie l'armée, la foule assiège la préfecture, des bagarres éclatent toute la soirée entre la foule et l'armée. Les manifestants crient « Vive Garibaldi ! Vive l’Italie ! ». Malgré plusieurs arrestations, les groupes se reforment. La préfecture fait évacuer les terrasses du cours Saleya et le calme revient dans la nuit.
Le lendemain, 10 février, le préfet ordonne l’arrestation des "meneurs". Aussitôt, une nouvelle manifestation spontanée regroupe 200 à 300 personnes sur le cours Saleya. Des gendarmes dispersent les manifestants, mais les émeutes continuent toute la soirée. Après quelques coups de feu, bagarres et évacuations, le calme revient peu à peu.
Le samedi 11 février, Dufraisse prend des mesures radicales pour empêcher tout attroupement et interdit la presse d'opposition.
En plus de Nice, Garibaldi a été élu député (sans s'être porté candidat) en Côte-d'Or, à Paris et à Alger. À Paris, il arrive en quatrième position derrière Louis Blanc, Léon Gambetta et Victor Hugo. Face à ses détracteurs qui lui reprochent sa "nationalité italienne" (Garibaldi est né à Nice sous l'occupation française) et veulent invalider son élection, il décline ses mandats. Il est encore élu en Algérie lors des élections supplétives, ce que l'Assemblée invalide de nouveau, en mars, pour le même prétexte de nationalité. Victor Hugo proteste, n'est pas écouté, démissionne par solidarité.

Le 30 avril, les élections municipales confirment la tendance en désignant le nouveau maire, Alfred Borriglione, qui avait dû s'exiler lors de la répression de février.


Les parents de Constance meurent en 1876 et 1880.


Sépulture de Louis Pons (1804-1876) et de Marie Gimello (1806-1880) au cimetière du Château.



Le 23 février 1887, mercredi des Cendres, un puissant séisme réveille la région. Les oscillations se produisent de 5h48 à 8h30. Celle de 6h10, d'une magnitude de 6,3, dure 30 secondes. Le foyer est sans doute situé au large de San Remo. Au total, la catastrophe aura fait 640 morts dans la région.
Les plus gros dégâts sont constatés en Ligurie. À Nice, on dénombre 2 morts et 22 blessés, et plus de 5000 maisons sont touchées, dont une totalement écroulée et 34 partiellement.


Rassemblement après les premières secousses du 23 février 1887.
[Gravure parue dans La République illustrée, 19 mars 1887.]


Le 19 avril 1888, Louis Carles épouse Marie Lorenzi (ascendants originaires de Vintimille, Nice, Verceil et Lantosque).

Fille de Louis Carles et de Marie Lorenzi : Joséphine Carles née le 17 janvier 1889.


Le 24 avril 1890, Sadi Carnot est en visite officielle à Nice, ce qui constitue une grande première depuis Napoléon III. À l'occasion de cette visite officielle, Élie a reçu commande d'un buvard destiné à être offert au président :

  
Sadi Carnot et son buste érigé place Cassini en 1895.

Après la Provence et la Corse, le président embarque sur le cuirassé "Le Formidable". Il accoste à Villefranche, d'où il est escorté jusqu'à Nice et reçu en grande pompe : défilé militaire sur la place Masséna, réceptions et visites aux hôpitaux, au port et au Château, soirée de gala... Le côté diplomatique de son bref séjour est plus confidentiel : au Palais des rois sardes (devenu le siège de la Préfecture des Alpes-Maritimes), il aurait rencontré le grand-duc Nicolas de Russie, ainsi que le roi Léopold II de Belgique. Dès le lendemain, le voyage se poursuit dans les Alpes.

Après cette visite présidentielle, Nice sera la première ville de France, en 1895, à ériger un monument à Sadi Carnot : il s'agit d'un buste placé dans un petit jardin de la place Cassini (futur place Île-de-Beauté, du côté de la rue Cassini).


Le 10 janvier 1891, inauguration de la Nouvelle Jetée-Promenade. En effet, une nouvelle société s'est formée en 1888 pour tenter d'exploiter à nouveau la jetée. Ce nouvel édifice, d'une architecture beaucoup plus fantaisiste que le précédent, restera pendant un demi-siècle dans le paysage de la baie des Anges.

http://www.info-histoire.com/images/2014/05/nice-promenade-sous-la-neige-1895.jpg

Le 4 mars 1896, trente-six ans à peine après l'annexion, Félix Faure vient à Nice pour inaugurer le "monument du Centenaire"... commémorant l'occupation de Nice par l'armée révolutionnaire française en 1796 ! La colonne est érigée dans l'axe de la rue Paradis, dans les jardins.

  
Le Jardin Public et la Nouvelle Jetée-Promenade. [Photos Jean Gilletta et al.]



       
Marie Carles "née Laurenzo" (1869-1961), épouse de Louis, vers 1909

Le 30 novembre 1911, Joséphine Carles épouse Éloi Cagnoli, né le 3 août 1883 (père niçois, mère niçoise issue de familles de Sainte-Hélène et de Brancolar).
La noce est fêtée à l’Hôtel Continental [photo à droite, prise dans l'axe de l'actuelle rue Durante].
Éloi reprend l’entreprise d'ébénisterie de son père avec Joséphine (maison mère rue Paradis et boutique avenue de la Gare).
  
Éloi et Joséphine en 1911. À droite, Joséphine avec une employée devant la boutique de souvenirs du 23 avenue de la Gare (1912).


Enfant : Élie Cagnoli né le 20 septembre 1912


La Grande Guerre

Le 2 août 1914, les garçons sont mobilisés. Dans la première partie de la guerre, Éloi est sergent dans le du 311e régiment d'infanterie (affecté à la 65e division).

En juillet 1916 (bataille de Verdun), Éloi est blessé aux yeux. Privé de l'usage de l'oeil droit, il est renvoyé à Nice en octobre (service auxiliaire).
Rue Paradis, l'activité décroît, la boutique est plus petite :


Le sergent Éloi sort de la Grande Guerre avec la vie sauve et une médaille militaire, mais privé d'un œil et d'un frère (mort à Beauvais en avril 1918, suite à l'offensive allemande Operation Michael).


L’après-guerre

  
Le "Monument du Centenaire" et le quai des États-Unis.

Dès le jour de l'armistice, le conseil municipal décide de renommer l'avenue de la Gare en "avenue de la Victoire".

En 1921 : disparition du pont Neuf dans le cadre du recouvrement du Paillon.
Le 19 février, les enfants d'Éloi sont déclarés pupilles de la Nation.
Cette année-là, Éloi et Joséphine vivent avec leurs deux filles et une bonne italienne.
Éloi se déclare "commerçant". Par la suite, il emploiera l'expression plus précise de "fabricant d’articles de bois d’olivier" (1926) ; dans les années 1930, Éloi et Joséphine se diront "industriels" ou "commerçants".

En 1928, Jean Médecin est élu maire de Nice.


  
Louis Carles à Nice avec son gendre en 1928-1930.


Juste avant l'inauguration de la grande Exposition coloniale de Paris le 6 mai 1931, le président de la République Gaston Doumergue,
en fin de mandant, se rend en Tunisie (15-16 avril). Il s'arrête à Nice le 9 avril avant d'embarquer sur le croiseur "Colbert" à Villefranche.
Sa visite fait l'objet d'une grande fête coloniale dans les rues de la ville. Ici, l'escadron de spahis passe devant la rue Paradis.

L'hiver 1932 est exceptionnellement froid.
Dans le jardin Albert-Ier, de la glace se forme sur la Fontaine des Tritons.
(En arrière-plan, le second casino de la Jetée-Promenade.)


La Promenade des Anglais et le casino en 1935.

Élie, fils d'Éloi, au jardin Albert-Ier, devant l'Hôtel Plaza, en septembre 1938.
L'hôtel a été construit vers 1850, et sa façade de 140 mètres le long a été modifiée par l'architecte Charles Dalmas vers 1900-1910.

La "drôle de guerre"

 Bachelier en 1930, Élie, l'aîné d'Éloi, est parti étudier l'architecture à Paris (avec une interruption en 1934, pour faire son service militaire à Nîmes).

Face à la menace italienne, les hommes sont mobilisés à la fin du mois d'août 1939. Élie comptait présenter son travail de diplôme à la rentrée, mais il en est empêché : il est envoyé au camp militaire des Granges de la Brasque [en rouge sur la carte ci-contre, à 35 km de Nice], une position qui permet de prévenir une éventuelle invasion par la Vésubie [hypothétique, représentée ci-contre par une flèche verte].
En septembre, en réponse à l'invasion de la Pologne, les alliés de celle-ci (dont la France) déclarent la guerre à l'Allemagne.
Comme les Italiens n'arrivent pas, les régiments cantonnés dans les Alpes sont désoeuvrés.
Les conditions de vie étant rudes en montagne, ils se replient sur un village plus bas pour l'hiver.

Finalement, Élie est envoyé dans la Marne. Sur la ligne Maginot aussi, c'est toujours la "drôle de guerre" : pas d'affrontement, pas de tirs (sauf  pour l'entrainement), pas d'obus.

La déclaration de guerre a immédiatement des conséquences économiques. Le magasin Au Bois Mosaïque n'a plus de clients.

Le 27 avril 1940, Élie Cagnoli bénéficie d'une permission pour passer à Nice et épouser une jeune Provençale, France Mireille Vial, née en 1914 (père provençal des Alpes, mère languedocienne des Cévennes), rencontrée pendant ses études à Paris. Elle est infirmière. À la mairie, l'union est célébrée par le sénateur-maire Jean Médecin [ci-dessous, à gauche]. À la cathédrale Ste-Réparate, une cérémonie a lieu à la sacristie, Mireille étant protestante. Les jeunes mariés vont loger chez la grand-mère, boulevard Dubouchage.

 
À la sortie de la Mairie.

   
Sur la place Rossetti, à la sortie de la cathédrale Sainte-Réparate.

La "bataille de France"

Le 10 mai, l'armée française est ses alliés britanniques se mobilisent pour affronter les troupes allemandes qui entrent en France par le Benelux. À l'issue de sa permission, Élie repart pour la ligne Maginot au milieu des alertes dans les gares, tandis que Mireille rentre à Paris.
En juin 1940, les Allemands bombardent Paris, Marseille et Orléans. Grands affrontements, morts, blessés, forte perte de matériels dans la garnison. Repli vers la rive gauche de l'Oise. Les Allemands sont près de Paris. Munitions insuffisantes, beaucoup de réfugiés sur les routes.
Repli à Thenon (Dordogne). Fin juin, il sera à Fargues (Lot). Le courrier et les trains ne fonctionnent plus. Entre le 9 juin et le 20 juillet, la communication est interrompue entre les jeunes mariés. Sur ce front allemand, la France capitule le 14 juin après six semaines de combats, et un armistice est signé le 22. La France est partagée en deux, le nord étant annexé à l'Allemagne. La moitié sud, démilitarisée, continue d'être gouvernée par le président Albert Lebrun depuis Vichy, la nouvelle capitale.

Pendant ce temps, l'Italie est entrée en guerre le 10 juin aux côtés de l'Allemagne.
La guerre européenne a ravivé les conflits entre la France et la Maison de Savoie et remis sur le tapis la question des frontières.
Après deux semaines de guerre entre les deux voisins, un armistice est signé le 24 à la Villa Incisa (à Olgiata, près de Rome) : il cède Menton et Fontan à l'Italie, et définit une zone démilitarisée de 50 km de large du côté français.

Mussolini à Menton (1er juillet 1940)


DMZ et occupations (1940-1945)

Dans la DMZ

En juillet 1940, à Vichy, l'Assemblée nationale accorde les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il est âgé de 84 ans. Le général de Gaulle et les communistes appellent à la résistance.
Les démobilisations s'effectuent par vagues : d'abord les paysans et ceux qui partent vers la zone libre. Élie s'empresse donc de rentrer à Nice. Mireille prévoit de venir le rejoindre.
Nice se trouve dans la zone démilitarisée. La présence italienne y reste sensible, pendant que le régime de Vichy assied son autorité.

    
Propagande du Régime de Vichy.

En zone libre, Élie cherche un moyen de passer enfin son diplôme d'architecte. Il trouve une opportunité à Lyon, où il s'inscrit pour une dernière année d'études (1940-1941).
Maire de Nice depuis 1928, Jean Médecin commence à être critiqué par le régime de Vichy en 1941 en raison de son indulgence vis-à-vis des Juifs et des résistants.
En août 1941, pendant que son mari termine ses études à Lyon, Mireille se retire quelque temps à la campagne, dans les Basses-Alpes.
Fin 1941, Élie obtient son diplôme d'architecte DPLG. Élie et Mireille habitent maintenant au 12 rue d'Angeleterre. 
Le 8 juin 1942, à deux pas de la rue Paradis, ouverture d'un "Office de Placement Allemand" (rue Croix-de-Marbre, aujourd'hui le tronçon de l'avenue de Suède qui débouche sur la rue de France).
La police française réalise une grande rafle de Juifs le 26 août à la caserne Auvare (en direction de Drancy, puis principalement Auschwitz).
En octobre, Élie et Mireille s'établissent au 13 avenue Notre-Dame. Mireille est enceinte.

Sous l'occupation italienne

Les Alliés débarquent en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 (opération Torch). En réponse à cette opération, l'Allemagne et l'Italie envahissent la France de Vichy (opération Anton). Le 11 novembre 1942, l'armée italienne prend possession de Nice. La zone d'occupation italienne va s'étendre à toute la rive gauche du Rhône et à la Corse. Le 16 novembre, la Quarta Armata del Regio Esercito (basée à Turin) est placée sous le commandement du generale designato d'armata Mario Vercellino.

File:Generale Corpo Armata Mario Vercellino.jpg   File:Bundesarchiv Bild 101II-MW-6268-06A, Frankreich,
        Italienische Offiziere und Soldaten.jpg   


En vert foncé, l'Empire d'Italie à la veille de la guerre ; en vert brillant, les territoires occupés entre 1940 et 1943 (dont Nice) ; en plus clair, les autres territoires convoités. 

La Délégation royale occupe un immeuble du quartier des musiciens. Le Fascio et les Gruppi d'Azione Nizzarda sont sur le boulevard Gambetta (aujourd'hui Consulat d'Italie).

La Jetée-Promenade ferme définitivement le 20 décembre 1942

Sur la question juive, les autorités italiennes s'opposent au régime de Vichy, qui cherche toujours à traquer les Juifs pour les enfermer dans des camps et les expulser vers l'Allemagne. L'armée italienne parvient à freiner ce processus et à les placer dans des villages où ils peuvent vivre librement, notamment à Saint-Martin-Vésubie.

En février 1943, la défaite des Allemands à Stalingrad marque un tournant décisif dans les ambitions de l'Axe.
Le Casino Municipal donne un cycle Wagner. C'est tout à fait nouveau, puisque les théâtres de Nice s'étaient toujours consacrés essentiellement au répertoire italien et français.
Le premier enfant de Mireille et Élie naît le 4 juin, rue Paradis.

 
À gauche, une annonce pour l'Office de Placement Allemand parue dans Le Petit Niçois du 5 juin 1943.
À droite, un tract des
Gruppi d'Azione Nizzarda signé Ezio Garibaldi (1894-1969, fils de Ricciotti).

Jean Médecin est destitué en juillet

Le 8 septembre 1943, l'Italie capitule.
Les grandes rafles de Juifs sont mises en œuvre dès la nuit du 8 au 9 septembre (à destination de Drancy). Ceux qui étaient assignés à résidence à Saint-Martin-Vésubie parviennent à s'échapper en Piémont avec les soldats italiens.

Sous l'occupation allemande

Le 9, les troupes motorisées de la Panzer-Grenadier-Division "Feldherrnhalle" entrent dans Nice par la Provence.
Il s'agit d'une division de l'AOK 19 (19e armée de la Wehrmacht, basée à Avignon et commandée par le général d'infanterie Georg von Sodenstern).
Son commandant, le général-lieutenant Otto Kohlermann (qui revient de Stalingrad) établit ses quartiers à Monte-Carlo.

      
Le général Otto Kohlermann et ses officiers à Nice en octobre 1943.


Carte de l'extension maximale du Troisième Reich en Europe occidentale (début 1944).

   
La Panzer-Grenadier-Division "Feldherrnhalle" sur la Promenade des Anglais.

Les Allemands démontent les monuments pour récupérer les matériaux, notamment la Jetée-Promenade (fermée depuis l'année précédente), le buste en bronze de Sadi Carnot érigé en 1895 (dont il a été question plus haut sur cette page), ainsi que la statue de Gambetta (érigée en 1909 sur la place Béatrix, "place Gambetta" depuis 1913, future "Libération" puis "Général-De-Gaulle").
Ils interdisent l'accès au bord de mer et fortifient le littoral. Le chantier du Südwall est réalisé principalement par l'Organisation Todt, avec l'aide des Festungspioniere et du  Reichsarbeitsdienst.

 

   

La rue Paradis est située directement dans l'axe de l'embouchure du Paillon, au fond du jardin Albert-Ier, perpendiculairement au littoral. Le jardin et la rue font donc l'objet d'une fortification et d'un camouflage minutieux. Côté jardin, la rue est fermée par un mur antichar.


La rue Paradis fermée par un mur antichar camouflé en trompe-l’œil.
     
Fortifications du jardin Albert-Ier, avec mur antichar. [source]


De même, à côté de l'Opéra (ci-dessus) et le long des Ponchettes (ci-dessous), les murs antichar et les façades sont sommairement camouflés.
À Rauba Capèu, l'
Hôtel Suisse (ci-dessous, complètement à droite) est occupé par la Marine de guerre (Kriegsmarine), comme à l'époque italienne.

À Nice, l'état-major (Feldkommandantur 994) est installé dans l'Hôtel Atlantic (aujourd'hui Exedra), au 10 bd Victor-Hugo :
   

En même temps, dès septembre 1943, le RSHA s'est aussi installé à Nice. Pour les "Affaires juives", le SS-Obersturmbannführer Alois Brunner établit son QG à l'hôtel Excelsior, en centre-ville, au pied de la gare. Entre septembre et décembre 1943, il y supervise les rafles et les déportations vers Drancy (pour "rattraper le retard" après l'occupation italienne).
Hôtel Excelsior Nice (1)   Alois Brunner

En avril 1944, Kohlermann est remplacé par le général-major Friedrich-Carl von Steinkeller.
 

Depuis le 11 novembre 1943 et jusqu'au 14 août 1944, Nice, Saint-Laurent-du-Var et Cannes sont la cible de bombardements alliés (notamment le 26 mai sur Saint-Roch et sur les quartiers de part et d'autre du pont du Var) : une vingtaine au total, qui feront 455 tués, 740 blessés et 9380 sinistrés.
   
Bombardement pont du Var et de Saint-Roch le 26 mai 1944.


En 1944, la famille d’Élie est évacuée dans le haut pays jusqu'à l'automne. Pendant ce temps, Éloi et Joséphine restent rue Paradis.

À Nice, les résistants sont traqués par la Gestapo et la répression est sévère. L'exemple le plus spectaculaire est la pendaison publique de Séraphin Torrin et Ange Grassi, le 7 juillet 1944, devant les arcades des Galeries Lafayette [photo à gauche].

Le 8 juillet, le général-major Günther Pape prend le commandement de la division "Feldherrnhalle" [photo à droite].
En août, une compagnie de l'AOK 19 (commandée depuis fin juin par le général d'infanterie Friedrich Wiese) prend position à Nice.

Entre le 13 et le 27 août 1944, un "avion fantôme" survole Nice à basse altitude, toutes les nuits, largant une bombe légère de temps en temps. Au total, on relève 35 impacts de bombes de 15 kg. Des immeubles sont touchés dans les environs de la rue Paradis : rue Masséna, rue de la Buffa, rue Maccarani, place Grimaldi (impacts encore visibles sur la façade du grand immeuble au nord de la place), rue Alphonse-Karr, place Masséna et rue Maréchal-Pétain (aujourd'hui "de la Liberté"). On s'étonne que la DCA allemande n'ouvre pas le feu sur cet avion non identifié. (En fait, il s'agissait vraisemblablement d'un Fieseler "Storch" basé à l'aérodrome de Villanova d'Albenga, commandité par les autorités militaires allemandes de la région niçoise pour s'assurer que les prescriptions d'occultation étaient bien respectées : si la surveillance montrait un non-respect des règles, la zone illuminée était bombardée.)

Nice est libérée le 28 août grâce à une insurrection coordonnée par les divers mouvements de résistance niçois, sans aucun soutien des Alliés.
Les Allemands évacuent la ville en fin de journée (mais les combats se poursuivront en montagne jusqu'au mois d'avril 1945).

 
Le 28 août 1944, avant de partir, les Allemands font sauter leur dépôt de munitions devant le Ruhl.

Dans la nuit, la flotte alliée bombarde les casemates allemandes de la Promenade des Anglais ; mais celles-ci sont déjà vides.
Le 29 août, les résistants niçois s'étonnent d'être toujours sans nouvelles des Alliés (qui ont déjà libéré Saint-Laurent et les environs le 27 dans le cadre de l'opération Dragoon, où le général Patch commande la Seventh US Army). Ils partent donc les chercher sur le Var pour les informer de la libération de Nice. Incrédules, les Américains viennent voir et constatent que la ville est en fête.

Sous l'occupation américaine

Le 30 août, un convoi motorisé du 509th Infantry Regiment de l'US Army entre dans Nice (par l'avenue de la Californie et la rue de France). Il ne fait que traverser la ville rapidement, de peur que les soldats se dispersent au milieu des festivités, et continue sa route en direction de Menton. Ce régiment fait partie de la nouvelle First Airborne Task Force (commandée par le général Robert T. Frederick [photo ci-dessous]).

        

La famille regagne son domicile de l'avenue Notre-Dame à l'automne 1944.
Pendant ce temps, les combats se poursuivent en montagne, autour des crêtes de l'Authion, jusqu'au mois d'avril 1945.

restauration de la République

Le 27 octobre 1946, le gouvernement provisoire de la République française proclame la "Quatrième République".
Le 10 février 1947, dans le cadre du traité de Paris, l'Italie cède formellement à la France 560 km² de territoire et deux à trois milliers d'habitants autour de Tende et de La Brigue.

     http://fresques.ina.fr/images_v4/imagettes/reperes-mediterraneens/jpegVisionneuse/Repmed00213.jpg
Nice, 1946.                                                                                    4 juillet 1946, "Actualités françaises".